Le SPF Finances, pour rappel le plus gros budget IT 'secteur public' de notre pays, a signé en décembre dernier un contrat de 29 millions d'euros avec Unisys dans le cadre du projet Stimer portant sur un nouveau système de collecte, recouvrement et de traitement de l'impôt. Il est peu de dire que Unisys est un fournisseur stratégique pour les Finances. L'affaire Phenix (ce sera aux tribunaux de trancher) aura-t-elle un impact sur le mégaprojet de Unisys aux Finances ? "A priori non. Les deux organisations sont différentes. Et puis, les problèmes de Phenix étaient déjà bien connus quand nous avons fait notre choix," réagit Louis Collet, directeur IT des Finances

Prudent à propos de l'affaire Phenix, il se contente de rappeller que la réussite d'un projet aussi complexe dépend de la qualité de gens et que dans toute entreprise, certains sont plus compétents que d'autres ... "En plus de mobiliser les bonnes ressources en interne, la qualité du chef de projet côté fournisseur est déterminante. Nous exigeons toujours de consulter son profil lors de l'appel d'offre. Et par la suite, s 'il quitte l'entreprise, il ne peut pas être remplacé sans notre accord," explique Louis Collet.

Le patron de l'IT des Finances veut surtout éviter les amalgames à propos de l'entreprise incriminée. Il se dit satisfait du rôle que Unisys a joué depuis 2002 dans la mise en oeuvre de l'infrastructure logicielle à la base de TaxOnWeb, une belle réussite selon lui.

Retards

Concernant les retards qu'enregistre le projet "douanes dans papier" (également du ressort du SPF Finances) , Louis Collet ne jette pas la pierre à Unisys. "Unisys fait du bon boulot." Il ne nie pas qu'il y ait des bugs mais il insiste sur le fait que ce projet complexe (qui s'intègre dans un cadre juridique et fiscal européen) ne peut être mis en production que quand on est absolument certain qu'il tourne parfaitement. "Ce n'est pas comme un projet d'informatisation interne classique, nous menons une gestion des risques zéro car le moindre bug pourrait paralyser un aéroport."

Il ajoute que ce projet interentreprises nécessite également que les grandes entreprises utilisatrices soient prêtes. Celle-ci ont elles-mêmes confié certains développements informatiques à des tiers. L'échéance du 2 avril (citée ce matin dans la presse) sera-t-elle respectée ? "Ce n'est pas une date fétiche. S'il le faut, nous reculerons encore l'échéance."

Source: fr.datanews.be